Les Bourbons d'Espagne 1734-1806 1.
Enfin, Charles de Bourbon, fils de Philippe V d'Espagne et d'Elisabeth Farnèse, reconquiert à l'Espagne le royaume de Naples et la Sicile, et entre en vainqueur à Naples en 1734, acclamé par la noblesse et le clergé et accueilli avec enthousiasme par la population. Charles donne le jour a un royaume indépendant, non seulement libéré des ingérences étrangères (guerres dynastiques) mais aussi, après la mort du père, de la sujétion au roi d'Espagne.
Charles, qui en 1759 devient roi d'Espagne sous le nom de Charles III, est un homme cultivé, croyant au progrès et aimant l'art. Avec lui, la capitale retrouve sa splendeur et devient l'étape de nombreux voyageurs étrangers. Ainsi le grand poète allemand Goethe, grand observateur de la réalité parthénopéenne, séjourna à Naples. Au XVIIIème siècle, Naples est la ville la plus populeuse d'Italie et une des plus peuplée d'Europe, mais ses structures urbaine, économique et administrative sont complètement inadaptées aux exigences de la population. Le roi Charles le comprend très bien qui s'engage dans une série d'interventions importantes pour relancer l'économie et moderniser l'administration: en d'autres termes, pour donner à la ville un nouveau visage et faire de Naples une capitale européenne. Durant cette période, on assistera à l'agrandissement du Palais Royal de Naples, à la construction des Palais Royaux de Capodimonte, Portici, Caserta, de l'Hôpital des Pauvres et du Théâtre San Carlo, à la création de la Fabrique de Porcelaine de Capodimonte, a. la modernisation et la relance de l'industrie de la soie de San Leucio (Caserta), à l'Institution de L'Accademia Ercolanense présidée par le ministre Bernardo Tanucci, au début des fouilles archéologiques de Pompei et d'Erculanum, et au lancement des travaux de la Bibliotèque National, à l'installation du Musée et à une première organisation du Jardin Botanique. Certaines de ses initiatives mériteront d'être approfondies afin de mieux comprendre les intentions du nouveau roi. Les interventions concernant l'agrandissement de la ville devront correspondre aux exigences stylistiques et culturelles: c'est dans cette optique que seront effectués les travaux d'aménagement de la place Dante, dite Foro Carolino, confiés à l'architecte Luigi Vanvitelli, et ceux de rue Foria, où la réalisation de l'Hôpital des Pauvres, confiée à l'architecte Ferdinando Fuga permet non seulement de retirer les mendiants des rues (auxquels on offre ainsi un abri et un centre de réinsertion) mais aussi de rendre plus présentable un des principaux accès à la ville.
Egalement poussé par l'intérêt archéologique, le roi développe la ville dans une autre direction, comme pour l'unifier aux antiques villes de Pompei et d'Ercolanum, dont les premières fouilles feront connaître les splendeurs des civilisations disparues. Le Palais Royal de Portici couronne par exemple la réalisation d'une série de magnifiques villas surgies le long de la côte, qui en verra fleurir d'autres avec la construction du Palais (les célèbres villas du "mille d'or", de Portici a. Torre del Greco). Le plan de la ville, dressé par le duc de Noja Giovanni Carafa en 1750, témoigne des interventions immobilières et architecturales de cette époque. Le roi saura aussi valoriser des aspects culturels jusqu'ici sous-évalués: la construction du Théâtre San Carlo souligne la place de Naples comme capitale européenne de la musique, donnant enfin décor et prestige à l'intense activité musicale et théâtrale qui s'est développée au XVIème et au XVIIème siècle à travers l'oeuvre des conservatoires de musique et des différentes compagnies alors présentes dans la ville. En effet, au cours de ces années, l'intérêt pour le théâtre se développe a. tel point que l'on construit un nouveau théâtre, le San Bartolomeo où l'on donne des oeuvres d'auteurs espagnols (Lope de Vega, Tirso de Molina). A ces représentations, on intègre des personnages italiens, ou plutôt napolitains comme "Puliciniello" (Polichinelle), inventé aux environs de 1620 et qui, de spectacle en spectacle, finira par incarner l'âme du Napolitain, et l'esprit de sa ville. Charles de Bourbon acquiert le San Bartolomeo et le fait démolir pour construire le Théâtre San Carlo près du Palais Royal, et permettre ainsi aux nobles de fréquenter les théâtres publics. De cette manière, l'activité théâtrale et musicale est relancée, elle délaisse les théâtres de cour et offre plus de possibilités scénographiques aux mélodrames représentés. Dès le XVIIème siècles, l'on entend à Naples les voix mélodieuses et parfaites des castrats. Ils connaîtront leur apogée au XVIIIème siècle jusqu'à, ce que leur utilisation soit interdite en 1798. Dans les autres théâtres de la ville se diffuse la représentation d'oeuvres qui n'ont plus pour protagonistes des héros mais bien le commun des mortels: il s'agit de l'"opera buffa" auquel il est plus facile d'avoir accès. Les musiciens se risquent souvent a cette nouvelle forme, considérée moins élevée mais consentant plus de possibilité. Elle atteindra des sommets avec Pergolesi (La Serva Padrona, 1733), Paisiello (Socrate immaginario, 1775), Cimarosa (Matrimonio segreto, 1792).
Retourner à Histoire de Naples
Naples Antique 1
Naples Antique 2
Naples Médiéval
Le Duché 763-1139
Les Normand 1139-1195
Les Suèves 1195-1266
Les Angevins 1266-1441
Les Aragoins 1441-1503
Les Espagnols 1503-1707/1
Les Espagnols 1503-1707/2
Les Autrichiens 1707-1734
Le Bourbons d'Espagne 1734-1806 1.
Le Bourbons d'Espagne 1734-1806 2.
Le Bourbons d'Espagne 1734-1806 3.
Les Français 1806-1815
Le retour des Bourbons 1815-60 1.
Le retour des Bourbons 1815-60 2.
Le retour des Bourbons 1815-60 3.
Le retour des Bourbons 1815-60 4.
L'Unité de l'Italie 1860-1945 1.
L'Unité de l'Italie 1860-1945 2.
L'Unité de l'Italie 1860-1945 3.
L'Unité de l'Italie 1860-1945 4.
L'Unité de l'Italie 1860-1945 5.
L'Unité de l'Italie 1860-1945 6.
Naples contemporaine 1.
Naples contemporaine 2.
Naples contemporaine 3.


