l'Unité de l'Italie 1860-1945 6.

Comme témoin de la dynamique culturelle de la ville on peut prendre l'importante production d'essais politiques, économiques et culturels et la naissance de nombreux journaux et revues comme: le "Pungolo", le "Roma", le "Piccolo", le "Corriere del mattino" et en 1892 le "Mattino" fondé par Scarfoglio et par Matilde Serao (fondatrice aussi du "Giorno" en 1904), qui est publié encore aujourd'hui et qui est même le plus important dans le Midi; à toutes ces publications à caractère politique; viennent s'ajouter celles italiennes et napolitaines sur lesquelles s'expriment les intellectuels de la ville comme: le "Giornale napoletano di filosofia e délie lettere" (journal napolitain de philosophie et de lettres) fondé en 1872 sous la direction de Silvio Spaventa et les revues "Capitan Fracassa", "Fanfulla", "Domenica letteraria", "Cronaca bizantina", "Napoli nobilissima" de 1891 (publication promue par Croce et Di Giacomo pour la tutelle du patrimoine artistique napolitain), et, en 1899, "Flegrea", une des plus belles revues de l'école décadente italienne. En même temps les salons, les cercles et les cénacles où l'on discute de politique, d'art, de littérature, de théâtre et de musique se multiplient. Dans cette atmosphère, la chanson napolitaine devient oeuvre d'art, grâce à l'exceptionnelle collaboration d'éminents poètes et musiciens. Assis au café de la Galerie Umberto I, des écrivains, des poètes, des journalistes, des musiciens, des savants et des hommes de théâtre observent la foule colorée et vociférante napolitaine. C'est ici que Scarfoglio et Serao se ren­contrent, Di Giacomo et E. A. Mario, ici que naissent les chansons qui portent le nom de Naples dans le monde entier, chantées avec immense nostalgie par les émigrants et interprétées par la puissante voix de Enrico Caruso, considéré comme le meilleur ténor de notre temps. C'est aussi l'époque de l'épanouissement de la poésie en dialecte et du théâtre napolitain - brillant exemple, le théâ­tre, d'un réalisme poétique qui met en scène le peuple, la petite bourgeoisie napolitaine et la "philosophie" de vie, simple et profonde, qui fait partie de l'âme de Naples et de son identité la plus intime. Les principaux interprètes sont: le poète, nouvelliste et dramaturge Salvatore Di Giacomo, Ferdinando Russo (surnommé le poète du peuple), le "poète de la sagesse" Rocco Galdieri, le poète et l'écrivain Edoardo Nicolardi, les auteurs de théâtre Roberto Bracco, Raffaele Viviani, Edoardo Scarpetta et Edoardo De Filippo. De nouveaux théâtres comme le Fiorenntini, le Mercadante, le Politeama, le S. Ferdinando et le S. Carlino sont crées au rénovés: ici jouent des acteurs célèbres comme la "divine" Eleonora Duse. Le compositeur napolitain Ruggero Leoncavallo fut considéré, tout comme Mascagni, le meilleur représentant du vérisme musical italien. Mais à côté de la Naples bourgeoise et libertine - qui s'amuse en applaudissant les danseuses de cancan ou en assistant à la première de "Lohengrin" de Wagner (qui se tint au S. Carlo en 1881) - nous trouvons le roman-feuilleton de Fràncesco Mastriani, qui se charge de mettre en oeuvre ce que la Serao dénommait "le ventre de Naples": les protagonistes de sa centaine de romans sont des mendiants, des camorristes, des prostitués des ruel­les, l'atmosphère misérable et truculente dans laquelle la plèbe napolitaine est plongée, un monde des déshérités sans espoir qui caractérise une autre Naples, celle où se répand le choléra et celle qui détient le record de ville plus pauvre d'Europe et plus misérable moralement, comme l'écrit la journaliste et écrivain napolitaine Matilde Serao. Mais il y a aussi des philosophes et des hommes politiques célèbres: Giustino Fortunato, Antonio Labriola, Benedetto Croce (qui monopolise pendant plusieurs décennies la vie culturelle du pays tout entier, et qui, durant le fascisme, est l'un des seuls à clamer la défense de la Liberté, en constituant un point de référence pour les opposants au régime: en 1925 il lance un Manifeste des intellectuel, où écrivent les plus illustres personnalités culturelles de l'époque, il veut ainsi s'opposer au manifeste des intellectuels fascistes publié par l'autre philoso­phe idéaliste Giovanni Gentile), et aussi le jeune ingénieur Amadeo Bordiga, qui fonde avec Gramsci le Parti Comuniste d'inspiration marxiste et léniniste, naît de la scission du Parti Socialiste. Mais la liste des hommes illustres napolitains, du XIXe au XXe siècles, est très longue: rappelons-nous, parmi tant d'autres, du chirurgien et officier bourbonien Ferdinando Palasciano, à qui l'on attribue la fondation de la Croix Rouge Internationale; les médecins, les profes­seurs universitaires, les sénateurs, Leonardo Bianchi et Antonio Cardarelli, le savant Giuseppe Mercalli, qui a donné son nom à l'échelle de classification de l'intensité des tremblements de terre, Armando Diaz, le général de la victoire de la Première Guerre Mondiale, les juristes et les hommes politiques Emanuele Gianturco, Enrico Pessina, Giovanni Porzio et Enrico De Nicola (qui sera le premier Président de;,la République Italienne), le poète Alonso Gatto, l'écrivain Carlo Bernari, l'homme de Lettres Fràncesco Flora, l'historien Adolfo Omodeo. Cependant, durant le fascisme, la vie intellectuelle de Naples semble s'endormir, la dictature étouffe l'esprit de la ville et ses expressions les plus naturelles. Le théâtre de Raffaele Viviani, par exemple, est interdit (parce qu'en dialecte) selon la loi de 1926, qui considère les oeuvres dialectale comme hostiles au régime, et en 1929 la représentation d'une comédie de Roberto Bracco est interdite, et on l'empêche de retirer le prix Nobel parce que taxé d'antifasciste à cause de sa signature sur le Manifeste de Benedetto Croce. Le meilleur de la culture se renferme dans une diaspora volontaire et choisit la dignité du silence. Même si le feu couve sous les cendres et sous une apparente soumission. Avec les célèbres "Quatre journées", Naples est la première ville d'Italie à se libérer toute seule du joug du nazi-fascisme et à respirer un air nouveau de liberté.

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Naples Antique 1
Naples Antique 2
Naples Médiéval
Le Duché 763-1139
Les Normand 1139-1195
Les Suèves 1195-1266
Les Angevins 1266-1441
Les Aragoins 1441-1503
Les Espagnols 1503-1707/1
Les Espagnols 1503-1707/2
Les Autrichiens 1707-1734
Le Bourbons d'Espagne 1734-1806 1.
Le Bourbons d'Espagne 1734-1806 2.
Le Bourbons d'Espagne 1734-1806 3.
Les Français 1806-1815
Le retour des Bourbons 1815-60 1.
Le retour des Bourbons 1815-60 2.
Le retour des Bourbons 1815-60 3.
Le retour des Bourbons 1815-60 4.
L'Unité de l'Italie 1860-1945 1.
L'Unité de l'Italie 1860-1945 2.
L'Unité de l'Italie 1860-1945 3.
L'Unité de l'Italie 1860-1945 4.
L'Unité de l'Italie 1860-1945 5.
L'Unité de l'Italie 1860-1945 6.
Naples contemporaine 1.
Naples contemporaine 2.
Naples contemporaine 3.

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